Mardi 1 mai 2012
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A quelques jours du 2ème tour de l'élection présidentielle, j'ai choisi de prendre publiquement position sur le choix que je ferai ce
dimanche 6 mai. Les lecteurs réguliers de ce site ont pu constater depuis plusieurs années que je prends clairement position sur des sujets qui me semblent important. Le choix du 6 mai en
est un.
J'entends déjà les remarques de nombre de mes amis qui auraient souhaité me voir
prendre une autre position que celle que j'indique en fin de page ce jour. J'accepte ces remarques, et je les comprends.
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Je suis centriste, centriste de toutes mes
forces. Je reste centriste.
Au second tour d'une élection nous n'avons plus le choix
qu'entre deux candidats. Choisir l'un ou l'autre ne signifie pas changer de philosophie politique, mais donner son suffrage à celui qui semble le moins éloigné de ses positions.
Pour moi être centriste, c'est être attaché aux valeurs
qui mettent l'Homme au centre du débat public, l'Être avant l'Avoir.
Pour moi être centriste c'est être profondément européen.
Pas une Europe qui ne serait qu'un simple marché, mais une Europe qui se rapproche de plus en plus d'un État. Nous avons une monnaie commune, un drapeau, un hymne, une devise communs. Nous devons
avoir des frontières européennes claires. Cette Europe tous les Présidents depuis le Général de Gaulle s'y sont attachés, l'ont développée. Cette Europe, c'est celle que Schuman, Monnet,
Adenauer, De Gasperi, Spaak ont rêvée et pour laquelle ils se sont battus.
J'ai fait campagne pour le 1er tour pour
François Bayrou. A l'issue de ce scrutin, il a adressé une lettre aux finalistes. Cette lettre et leurs réponses, je les ai lues avec attention.
François Hollande reste dans le flou. Il parle de créer 60 000 postes de
fonctionnaires dans l'éducation mais comment ? Sur quels critères seront-ils répartis ? Avec quel argent public l'État pourra-t-il rémunérer ces agents pendant 42 ans de carrières plus la
retraite ? Sur la règle d'or budgétaire, il s'y oppose. Il y a là une certaine logique puisque son projet c'est dépenser plus.
Sur l'Europe il remet en cause le principe établit que lorsque le chef de
l'État signe un traité, c'est la France qui signé un traité. Il pense pouvoir imposer une renégociation du traité de stabilité financière ? Il est sur ce sujet soit naïf, soit menteur. Il n'y a
pas de projet européen clair.
Il y a dans le projet de François Hollande des sujets sur lesquels je suis en profonde opposition :
- la légalisation de l'euthanasie, alors que nous avons en France une des
lois les plus abouties en matière de fin de vie (loi Leonetti de 2005). J'ai écrit plusieurs fois sur le sujet.
- la mise en place "d'emplois d'avenir". Ces emplois me paraissent être de faux emplois, comme les emplois jeunes de Jospin / Aubry en 1997 : on donne un travail précaire aux jeunes et 5 ans
après, plus rien….
- la remise en cause de la réforme des retraite. Comment faire croire que l'on va pouvoir revenir à
une retraite à 60 ans ? Ce qu'il indique pour les carrières dites longues peut cependant être pris en compte pour améliorer le système, puisque la loi a prévu des renégociations en 2013.
Nicolas Sarkozy, quant à lui, est beaucoup plus précis. Sur l'Europe, la vision est claire : renforcer la coopération européenne,
donner plus de poids à l'Europe sur le plan politique et économique. Sa proposition de "buy european act" est une bonne idée. Si "produire en France" est important, "produire en Europe" est
vital. Nous devons doter l'Europe des moyens pour lutter face aux stratégies commerciales et productives de pays comme la Chine ou l'Inde.
Il est favorable à la règle d'or. Cette règle demandée par les centristes
depuis longtemps est impérative si l'on veut arriver à l'objectif d'une dette minime très rapidement, et de budgets équilibrés.
Il souhaite renforcer l'École. Je constate avec satisfaction l'importance
donnée à l'école primaire, puisqu'il renonce à la suppression d'un fonctionnaire sur deux parmi les enseignants du primaire.
Sur la moralisation de la vie politique, il est lui aussi favorable à une
dose de proportionnelle à l'Assemblée Nationale, au non cumul de certains mandats et des ministres. Il s'engage à continuer à soumettre l'approbation des comptes de l'Élysée à la Cour des
Comptes.
Il a montré au cours des cinq années qu'il a la capacité à diriger un pays tel que le notre. François Hollande, président du
département le plus endetté de France ne me parait pas être à la hauteur de ce j'attends d'un président de la République.
Bien sûr tout n'est pas bon chez Nicolas Sarkozy. Sa manière de cliver les français entre eux, certaines de ses attitudes comme le
dîner au Fouquet's (François Hollande fréquente des restaurants bien plus selects, mais discrètement, et ça ne fait pas la une des media), etc… m'agacent.
Mais au fond, quel est le meilleur choix pour notre pays, notre Europe, nos enfants ?
François Hollande ne m'inspire pas confiance. Ses déclarations assurant à ses amis "ne vous inquiétez pas, des postes il y en aura
pour tout le monde" ne sont pas de nature à me rassurer sur la manière qu'il a de concevoir le pouvoir.
Nicolas Sarkozy a l'expérience de 5 années de présidence. Il a mûri dans la
fonction, et me parait plus sincère.
Pour toutes ces raisons j'ai fait le choix de voter en faveur de Nicolas Sarkozy le 6 mai 2012.
Pour information :
- lettre de François Bayrou aux
finalistes.
- réponse de François Hollande.
- réponse de Nicolas Sarkozy.